Jérémy Plourde : un hockeyeur philanthropique

Par Louis-Antoine Lemire-vendredi 07 Juin 2019

Prix Claude-Masson, mention à l’Assemblée nationale, Prix jeunesse de l’Association professionnelle en philanthropie et lauréat pour l’implication dans sa communauté, Jérémy Plourde se démarque de plusieurs façons. Malgré le fait qu’il souffre d’un déficit immunitaire et d’une maladie neuromusculaire, le joueur des Athlétiques de la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette excelle sur la surface glacée. De plus, le jeune homme a littéralement le cœur sur la main, lui qui a amassé des milliers de dollars pour les enfants malades depuis sa tendre enfance.

Né avec deux maladies orphelines menaçant sa vie, Jérémy a pu réaliser l’un de ses rêves grâce à la Fondation Rêves d’enfants. Il avait alors reçu une tente roulotte, car son état de santé ne lui permettait plus de faire du camping en famille en raison de l’humidité au sol. À l’âge de cinq ans, Jérémy avait un ami en rémission du cancer qui attendait son rêve. Il a donc demandé à la personne responsable de la fondation, combien d’argent était nécessaire afin que son ami Lucas puisse réaliser son rêve.

«Elle m’a dit 5000$. J’ai fait du porte-à-porte pour que mon ami réalise son rêve. Ça m’a pris 3 ans pour récolter cette somme», s’est-il souvenu. L’adage redonner au suivant ne s’est pas arrêté là pour lui. Recevant des transfusions sanguines sur une base hebdomadaire, Jérémy déplorait qu’il n’y ait rien pour divertir les enfants pendant les longues heures d’attente à l’hôpital.

«Je suis allé voir les gens de la Fondation du centre hospitalier pour leur demander combien cela prendrait d’argent pour avoir une salle de jeux. On m’a dit que ce serait 5000 $. En un an, j’ai pu recueillir cette somme en effectuant de nouveau du porte-à-porte et j’ai interpelé certaines entreprises afin d’obtenir des mobiliers à moindres coûts. »

Par la suite, Jérémy a connu la fondation pour l’enfance Starlight, qui vise, entre autres, à sortir les enfants de l’isolement. Toutefois, la majeure partie des activités se déroulaient à Montréal et Jérémy souhaitait qu’il y en ait dans la Vieille Capitale. Pour ce faire, un montant de 5 000$ était nécessaire. Le jeune homme a donc organisé des marchés aux puces, il a fait du porte-à-porte et il a ramassé des canettes. Également, il a collaboré à l’achat de quelques iPad pour les enfants séjournant à l’hôpital. «Cet outil permet de sortir les jeunes de l’isolement, car ils peuvent communiquer avec leurs amis quand ils ne sont pas en classe. De plus, et ils sont en mesure de suivre leurs cours à distance avec la tablette », a mentionné le jeune homme.

30 ans 30 000$

Porte-parole d’Héma-Québec afin de sensibiliser les gens aux dons de sang pendant quelques années, Jérémy a aussi été nommé Enfant soleil pour la région de la Capitale-Nationale à 14 ans. «En plus de faire de la sensibilisation, j’ai décidé de m’impliquer. Je voulais ramasser 30 000$ pour les 30 ans. Pour ce faire, j’ai organisé 25 activités en 25 jours. J’ai finalement remis un chèque de 65 000$ lors du téléthon», s’est-il souvenu.

Une semaine après le téléthon, Jérémy avait un autre rêve, soit celui d’atteindre les six chiffres pour Opération Enfant Soleil. «Ma mère m’a demandé : es-tu malade ? J’ai répondu oui. Mes parents m’ont appuyé dans ce projet et j’ai réalisé de nouveau plusieurs activités dont une séance de patinage au Centre Vidétron.» En 2017-2018, Jérémy a remis plus de 110 000 à Opération Enfant soleil.

 Une réelle fierté

Marie-Claude Lévesque est très fière de son de fils. Selon elle, Jérémy s’est servi de sa maladie pour grandir et la percevoir d’un point de vue positif. « Certains enfants vont se servir de leur maladie pour obtenir des faveurs. Dans le cas de Jérémy, c’est le contraire, il veut vraiment aider les autres. C’est agréable de le voir s’épanouir dans ses nombreux projets. Ça me fait chaud au cœur de le voir aller.»

Même son de cloche du côté de Dave Horth, coordonnateur du programme de concentration hockey chez les Athlétiques de la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette. Ce denier ne tarif pas d’éloges lorsqu’il parle de Jérémy.

« Il est tout simplement extraordinaire. Chaque année, il repousse les limites de l’implication sociale. Pour lui, remettre au suivant est une façon de vivre. Il est conscient de ce que les enfants malades traversent et il a trouvé une façon de faire une différence.»

Dave Horth a ajouté que le hockey est un moyen de se développer et l’établissement scolaire veut se servir du sport afin de former des jeunes leaders sociaux. « De voir un adolescent avoir des capacités philanthropiques et s’impliquer à ce point en plus de mener sa vie d’élève-athlète au sein de notre équipe M-17 est très inspirant.»

Et le sport dans tout ça ?

Jérémy a commencé à jouer au hockey à l’âge de 4 ans. Comme ses activités devaient être modérées en raison de sa condition de santé, il a évolué dans le hockey récréatif. Par contre, après une saison dans le bantam A, il a décidé de tenter sa chance dans un calibre de jeu où la mise en échec était permise. «J’ai joué bantam AA et je remplaçais dans le M-16 avec les Athlétiques. Je n’avais pas pu prendre part au camp de sélection de la LHPS, car j’étais malade. Lors de la dernière campagne, j’ai uniquement joué dans la structure scolaire. Selon moi, le point fort de la LHPS est le développement des élèves-athlètes ainsi que le fait que nous avons nos soirées pour nous concentrer sur nos études.» Comme il se fatigue plus rapidement que ses coéquipiers , Jérémy doit bien gérer son temps de glace et il a une grosse gestion alimentaire à faire avant une partie. «Je dois consommer 8000 calories par jour quand je fais du sport et je prends un litre de Gatorade. Malgré tout, je suis très content de pouvoir jouer dans un calibre de haut niveau. Certains jeunes dans ma condition sont en fauteuil roulant en permanence», a-t-il précisé.

L’an prochain, Jérémy étudiera en gestion commerciale au Cégep de Sainte-Foy. Plus tard, il aimerait avoir sa propre fondation et travailler dans le milieu de la gestion d’événements.